- Paris

Tàpies aujourd’hui

La galerie Mayoral est heureuse de présenter la deuxième exposition de son antenne parisienne : « Tàpies aujourd’hui ». L’exposition proposera une sélection de huit tableaux d’Antoni Tàpies – soigneusement choisis par le commissaire Arnau Puig pour leur force plastique et expressive – qui datent d’une période charnière dans sa trajectoire et permettent d’apprécier l’évolution de son art informel qui continue à susciter des interrogations et à interpeller le spectateur d’aujourd’hui.
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Tàpies aujourd’hui

Après l’événement inaugural consacré à Antonio Saura, nous sommes très heureux de présenter une exposition monographique sur Antoni Tàpies, un des artistes majeurs de la seconde moitié du  XXe siècle. Son oeuvre fait partie de l’ADN de notre galerie depuis de nombreuses années : nous l’avons incluse dans diverses expositions collectives, dans des projets pop-up et, l’an dernier, nous lui avons consacré à Barcelone l’exposition Tàpies aujourd’hui, que nous souhaitons maintenant partager à Paris, ville si importante au long de son parcours. Nous l’abordons avec un immense respect et une profonde admiration, conscients de la difficulté et du défi que représente pour la galerie Mayoral le fait d’offrir un regard actualisé sur son oeuvre. Et nous le faisons par l’intermédiaire d’Arnau Puig, commissaire de l’exposition, qui était ami de l’artiste et expert de son oeuvre depuis la création du groupe Dau al Set. Ayant suivi l’artiste et l’ayant étudié tout au long de sa carrière, nous lui avons demandé de porter un regard neuf sur son oeuvre d’un point de vue actuel. Ainsi, pour citer Arnau Puig : « Telle est la grande force secrète des oeuvres de Tàpies, qui bouleversent, saisissent même si on n’y comprend rien ; parce qu’en art, il n’est pas nécessaire d’être connaisseur : elles sont pure expression émotionnelle ; comme une clameur. Il s’agit plutôt —Tàpies l’entendait ainsi—d’oeuvres totales, à la manière wagnérienne ».

À l’occasion de l’exposition de Barcelone, nous avons récupéré certains regards historiques portés sur l’oeuvre de Tàpies à partir de textes des années soixante et soixante-dix de Dan Evans, Roland Penrose, Yvon Taillandier et Michel Tapié, écrits pour différents catalogues d’exposition, mais nous avons également souhaité en recueillir de nouveaux. Nous avons donc proposé deux essais des commissaires Laura Copelin et Elise Lammer, à qui nous avons demandé d’analyser certaines oeuvres de cette exposition, Tàpies aujourd’hui . Qu’elles soient remerciées de leur effort et du courage de s’être laissées interpeler, et de nous offrir une nouvelle lecture de ces pièces de Tàpies. Pour la galerie, ce fut un plaisir de compter pour l’édition anglaise du catalogue de l’exposition l’inestimable collaboration des directeurs de la Fundació Antoni Tàpies de Barcelone, de sa création à ce jour. Manuel Borja-Villel, Nuria Enguita, Laurence Rassel et Carles Guerra nous ont offert, sous forme d’entretien, leurs réflexions et leur évaluation sur les années qu’ils ont passées à la tête de la Fondation, sur les objectifs, les défis et l’évolution d’une institution privée née grâce à la générosité de l’artiste et de sa famille. Ils s’ont accordé à trouver nécessaire qu’il devienne un artiste du XXIe siècle, un artiste qui suscite en nous des questions sur le présent, et ils s’ont accordé également sur l’indiscutable capacité de son oeuvre à engendrer de telles lectures depuis différents moments de l’histoire.

Antoni Tàpies se caractérisait par le fait d’être un grand humaniste, un artiste profondément engagé du point de vue civique et éthique. Convaincus de son importance, nous espérons contribuer à une relecture du personnage grâce à Tàpies aujourd’hui. Ainsi, vous trouverez dans cette exposition des oeuvres allant de la seconde moitié des années cinquante au début des années soixante-dix. Il s’agit d’une époque qui compose un héritage créatif varié, riche et pleine de nuances. Un héritage que nous revendiquons.

 

Le commissaire

Arnau Puig (Barcelone, 1926) est docteur en philosophie et professeur d’esthétique philosophique et de composition à l’École d’architecture de Barcelone (ETSAB). Il a fondé – avec Tàpies et d’autres – certaines des premières publications non conformistes (Algol et Dau al Set) de l’Espagne qui a émergé après la guerre civile. Lauréat d’une bourse du gouvernement français pour étudier à la Sorbonne, il a dirigé, à Rome, l’École espagnole d’histoire et d’archéologie, attachée au Conseil national espagnol de la recherche (CSIC). Critique et commissaire d’expositions d’art, il a publié de nombreux livres sur la sensibilité, la pensée, l’art et l’expérience vitale qui exploite et engendre tout cela. Il soutient que la sensibilité esthétique perceptive est le préambule de toute connaissance et de toute pratique vitale, y compris scientifique.