- Paris

DALÍ. ULTRALOCAL / ULTRAGLOBAL

Avec la collaboration de Chus Martínez, cette exposition présente une sélection de six oeuvres redécouvrant l’univers artistique de Salvador Dalí à l’aune de deux aspects semblant difficilement conciliables de prime abord mais qui s’incarnent toutefois dans son oeuvre et son personnage : son cosmopolitisme (notamment ses expériences internationales entre Paris, où il découvre le Surréalisme, et les États-Unis, où il collabore avec des personnalités à l’instar de Walt Disney) et son ancrage dans la culture singulière de sa Catalogne natale et ses paysages poétiques.
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DALÍ. ULTRALOCAL / ULTRAGLOBAL

Avec la collaboration de Chus Martínez, cette exposition présente une sélection de six oeuvres redécouvrant l’univers artistique de Salvador Dalí à l’aune de deux aspects semblant difficilement conciliables de prime abord mais qui s’incarnent toutefois dans son oeuvre et son personnage : son cosmopolitisme (notamment ses expériences internationales entre Paris, où il découvre le Surréalisme, et les États-Unis, où il collabore avec des personnalités à l’instar de Walt Disney) et son ancrage dans la culture singulière de sa Catalogne natale et ses paysages poétiques.

En effet, l’artiste nous prouve que c’est précisément son particularisme culturel et la revendication de ses racines qui a rendu possible son universalisme – cette ambivalence libérant la créativité : « Tout ce qui est contradictoire crée la vie ».

Chus Martínez le confirme : « Dalí veut tout de nous lorsque nous sommes devant son oeuvre. Sa façon de faire de l’art fait appel à la réinvention et à la révision constante de l’ordre des idées, des valeurs, des croyances. Le défi est de donner vie à une poiesis, capable de rester toujours ouverte à la causalité flexible, ouverte aux accidents de la vie, d’une part, et aux changements que l’art et la société connaissent tout au long de la succession temporelle que nous appelons histoire. »

 

ULTRALOCAL…

 

« Port Lligat, symbole d’une vie d’ascétisme et de solitude… C’est là que j’ai appris à m’appauvrir, à limiter et limer ma pensée pour qu’elle devienne aussi coupante qu’une hache. Vie dure, sans métaphore ni alcool, vie teintée d’une lueur d’éternité. »

Salvador Dalí

 

L’exposition rappelle le lien indéfectible qui unit l’artiste à sa terre natale et dont son oeuvre s’imprègne : les rochers de Cadaqués et la baie de Port Lligat inspirent l’environnement principal de son univers artistique, qu’il s’agisse d’oeuvres créées en Espagne, en France ou aux États-Unis. Citons, par exemple, la rare huile sur cuivre Nus dans un paysage du Cap de Creus (1970), qui est infusée de cette lumière éternelle et ultra-analytique, ou bien le saisissant Desert Watch (1975), qui représente un paysan catalan au barretina traditionnel devant une immense sirènemadone gigantesque au visage d’horloge molle, Dalí relie les traditions locales et la culture vernaculaire de ce havre de paix grâce à son imagination hallucinatoire.

 

…ULTRAGLOBAL

 

L’exposition témoigne aussi de l’attachement de l’artiste catalan à Paris et aux Etats- Unis. La capitale française est la première ville dans laquelle il a voyagé, fait la connaissance de grands esprits comme Picasso, Breton ou encore Éluard et où il rejoint le mouvement surréaliste. Mouvement primordial pour l’évolution de l’oeuvre de l’artiste, cette époque est incarnée ici par Objet scatologique à fonctionnement symbolique (Le Soulier de Gala), un objet mystérieux comprenant une chaussure rouge, un verre de lait, des morceaux de sucre, une boîte d’allumettes et des poils pubiens.

L’exemplaire original de 1931 (aujourd’hui perdu) a été reconnu comme le premier assemblage surréaliste créé par l’artiste.

Dalí fréquente régulièrement les Etats-Unis. À partir de 1934 et ce pendant quarante ans, l’artiste passe tous ses hivers à New York, attendu de pied ferme par la population locale qui le reconnaît et l’adule. C’est de l’autre côté du pays, à Hollywood, qu’il rencontre Walt Disney, qui l’a contacté pour travailler sur le projet de court-métrage « Destino », dont une feuille d’études très complète de 1945 est ici présentée.